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« B. People » rencontre Paille

Black'In l Paille

Bonjour Paille, tu viens de sortir ton dernier bébé. Tu peux nous en parler ?

Bonjour Black’In, ce n’est pas vraiment un album au sens propre du terme. C’est un EP intitulé « Retour de Flamme », une sorte de conglomérat de morceaux qui n’avaient pas forcément de destination commerciale au départ. Il y a 4 titres dessus : Abimans’, sorti sur l’album de DJ Gil en 2014, les 2 Freestyles qui ont plutôt bien marché et une chanson qui me ressemble un peu plus qui s’appelle Violence Verbale. Le véritable album est, lui, prévu pour 2016.

Après 2 ans d’absence, qu’est ce qui t’a poussé à revenir sur le devant de la scène ?

J’aime la scène. Emmener le public dans une ambiance, j’adore ça. Mais pour ça, il faut avoir du contenu et repartir dans une démarche de création. Durant ces 2 ans d’absence, j’ai vécu des choses qui n’ont rien à voir avec la musique et qui m’ont littéralement coupé du monde un peu surfait qui l’entoure. Je me suis tu pendant 2 ans parce que je n’avais plus rien à dire que je n’avais pas encore dit avant. Là ça y est, je revis la musique comme quelque chose de passionnant.

Tes chansons véhiculent souvent des messages précis. C’est quelque chose d’important ?

Je ne sais pas si c’est important mais je n’envisage pas la musique autrement. Le mot message n’est pas à utiliser de manière fermée. Par contre je trouve surfacique le fait de se cantonner à un message récurrent qui est absorbable uniquement par des gens qui n’ont pas envie de faire plus. Considérer que le public n’est capable d’entendre que les textes du type « amusons-nous », « buvons », « fumons », … c’est, selon moi, restreindre notre culture à l’image de 2 filles éméchées sur une plage et d’un gars avec des chaînes en or qui voudrait les mettre dans son lit. J’espère que l’on vaut plus que ça et, si je ne devais faire que des morceaux comme ça je serais malheureux.

Est-ce que pour toi la musique à un devoir de responsabilité ?

L’artiste est forcément de moins en moins responsable. Lui aussi, désormais, n’arrive plus à s’envisager autrement que comme un produit, les autres considérations disparaissent : il faut etre marketable, bankable, etc. Cela dit, même marketing, il faut une cohérence. Celui qui parle du Seigneur le lundi, a priori, ne pourrait pas plébisciter la consommation de drogue le mardi. Malheureusement, aujourd’hui c’est exactement ce qui se passe : on est dans un climat où c’est l’extrême qui fonctionne. La musique en elle-même n’a pas de devoir de réserve mais par contre les médias et les acteurs de cette économie, oui . C’est, à mon avis, à eux de se positionner.

PAILLE 3Tu sors ta première ligne de vêtement « Violence Verbale »… Dis-nous tout !

On est ce qu’on consomme. L’idée de cette collection est de fidéliser le public en leur disant tout bêtement « on vous donne de la matière pour qu’au quotidien vous ayez un lien avec ce qu’on fait… ». C’est dire que l’on consomme quelque chose parce que l’on adhère au concept ou à la valeur qui est cachée derrière. Et pour ça, nous allons commencer par des t-shirts puis arriverons polos et tout autre produit dérivé.

Et si tu avais un message à faire passer là tout de suite ?

Puisque le public de Black’In est majoritairement féminin je dirais que la femme a une sensibilité différente que celle que peut avoir l’homme. Je crois en l’égalité homme/femme mais avec des valeurs ajoutées différentes. Je trouve dommage qu’elles utilisent les codes des hommes pour se caractériser. Les femmes s’hypersexualisent elles-mêmes et, à mon sens, ça les dessert.

About Dynna

Une envie de tout savoir sur tout, un besoin de tout tester et voilà que naît Black’In, un magazine qui met à l’honneur la femme noire dans toute sa splendeur. Il représente tout ce que nous sommes, nous, femmes afro-caribéennes à la fois maman, coiffeuse, cuisinière, working girl, etc. Bref la femme Black’In c’est vous, c’est moi ! Alors biensûr, y contribuer, est forcément une évidence... dynna@black-in.com